Ferrari 330 GTC, symbole des automobiles d'exception recherchées lors des grandes ventes comme Monterey

750 millions à Monterey : la fête continue chez les millionnaires… mais pas sur le marché français

Près de 750 millions de dollars ont changé de mains pendant la Monterey Car Week 2026. Pendant que les enchères s'affolent en Californie, le marché français ralentit, les négociations reviennent et le petit épargnant préfère attendre. Le marché de la collection ne s'effondre pas : il se divise.

7 septembre 2026 · 10 min de lecture · Le Cercle des Collectionneurs

Chaque été, la Californie devient le centre du monde automobile.

Pendant la Monterey Car Week, les pelouses sont impeccables, les carrosseries brillent davantage que les sourires et quelques-unes des plus grandes fortunes de la planète se disputent des voitures dont le prix ferait passer une villa sur la Côte d'Azur pour une acquisition raisonnable.

En 2026, les chiffres ont une nouvelle fois donné le vertige : près de 750 millions de dollars auraient circulé lors des principales ventes aux enchères organisées autour de Monterey.

Une somme spectaculaire qui pourrait laisser penser que la voiture de collection traverse une nouvelle période d'euphorie. Que tout monte, que tout se vend et que la vieille sportive rangée au fond du garage est sur le point de financer une retraite anticipée.

Pourtant, à plusieurs milliers de kilomètres des jardins de Pebble Beach, la réalité française est beaucoup moins clinquante.

Les téléphones ne sonnent pas toujours. Les délais de vente s'allongent, les acheteurs réfléchissent et les négociations, que certains pensaient disparues avec le dernier catalogue papier de La Centrale, sont revenues dans la conversation.

Le marché de la collection ne s'est pas effondré. Mais il s'est profondément séparé en deux.

D'un côté, les automobiles exceptionnelles, rares, documentées et internationalement désirées. De l'autre, toutes les autres.

Et entre les deux, beaucoup de propriétaires continuent de croire que la vente d'une Ferrari à plusieurs millions de dollars vient automatiquement d'ajouter 5 000 euros à la valeur de leur youngtimer.

Monterey 2026 : là où l'argent rencontre la rareté

La Monterey Car Week n'est pas un simple rassemblement automobile.

C'est une succession de concours d'élégance, de présentations privées, de ventes prestigieuses et de rencontres entre constructeurs, collectionneurs et investisseurs. On n'y vient pas seulement pour admirer des voitures. On y vient pour accéder à ce qui ne sera peut-être plus jamais proposé.

Lamborghini Countach, l'une des supercars les plus désirées des ventes aux enchères internationales
Photo d'illustration

Les automobiles présentées possèdent souvent plusieurs qualités devenues essentielles au sommet du marché :

  • une production extrêmement limitée ;
  • un pedigree sportif ;
  • une provenance prestigieuse ;
  • une histoire parfaitement documentée ;
  • une configuration exceptionnelle ;
  • une restauration menée au plus haut niveau ;
  • ou un état d'origine devenu presque impossible à retrouver.

À ce niveau, l'acheteur ne cherche pas une voiture comparable dans les annonces. Il cherche cette voiture-là.

Une Ferrari historique, une automobile de compétition au palmarès reconnu ou un modèle construit à quelques exemplaires ne pourra pas être remplacé le week-end suivant. Lorsqu'une telle voiture apparaît, les grands collectionneurs savent qu'ils n'auront peut-être pas de seconde chance.

C'est précisément cette combinaison de rareté, d'histoire et de concurrence internationale qui provoque les records.

À Monterey, les acheteurs ne se demandent pas toujours si la voiture est bien placée par rapport au marché. Ils se demandent surtout si quelqu'un d'autre risque de repartir avec.

La nuance coûte parfois plusieurs millions.

750 millions de dollars… mais pour quel marché ?

Le chiffre est impressionnant. Il doit cependant être remis dans son contexte.

Les sommes enregistrées à Monterey ne représentent pas l'ensemble du marché de la voiture ancienne. Elles traduisent l'activité d'un écosystème très particulier, concentré autour des automobiles les plus rares et des acheteurs les plus fortunés.

C'est un peu comme observer les prix de l'immobilier à Monaco avant d'en conclure que toutes les maisons françaises valent désormais vingt millions d'euros. L'information n'est pas fausse. Elle est simplement difficile à transposer à un pavillon avec crépi beige situé à quarante kilomètres de Limoges.

Le marché mondial de l'exception reste extrêmement solide. Les grandes fortunes recherchent toujours des actifs rares, tangibles et internationalement reconnus.

Une automobile exceptionnelle peut remplir toutes ces fonctions tout en apportant un avantage que peu de placements financiers proposent : elle peut démarrer.

Mais ce marché ne doit pas être confondu avec celui d'une Porsche 911 courante, d'une Mercedes des années 1980 ou d'une petite sportive française produite à plusieurs milliers d'exemplaires.

Toutes peuvent être désirables. Toutes ne sont pas irremplaçables.

Ferrari 550 Maranello, exemple de GT de collection au marché international
Photo d'illustration

En France, le marché automobile avance avec le frein à main

Le marché français ne peut pas être analysé sans tenir compte du climat économique et politique dans lequel évoluent les acheteurs.

Depuis plusieurs années, les crises gouvernementales, les débats budgétaires, les changements de fiscalité et les annonces parfois contradictoires entretiennent une forme d'incertitude permanente.

Or, l'incertitude est rarement la meilleure amie de l'achat plaisir.

Une voiture de collection n'est ni un logement, ni un outil de travail, ni une dépense indispensable. C'est un achat passion, donc l'un des premiers que l'on reporte lorsque l'avenir paraît difficile à lire.

Le collectionneur français moyen n'est pas un milliardaire californien. C'est souvent un chef d'entreprise, un artisan, un commerçant, un cadre ou un retraité qui a patiemment constitué une épargne.

Il peut disposer de 20 000, 30 000 ou 50 000 euros pour s'offrir la voiture dont il rêvait vingt ans plus tôt. Mais encore faut-il qu'il se sente suffisamment en confiance pour sortir cet argent de son compte.

Et, pour le moment, cette confiance reste fragile.

En août 2026, l'indicateur de confiance des ménages publié par l'Insee s'établissait à 86 points, très en dessous de sa moyenne de longue période fixée à 100. Dans le même temps, le climat de l'épargne demeurait nettement supérieur à sa propre moyenne.

Autrement dit, les Français préfèrent conserver leur argent plutôt que le dépenser.

Ce comportement est parfaitement compréhensible. Lorsque personne ne sait précisément à quoi ressembleront la fiscalité, l'activité économique ou le pouvoir d'achat dans douze mois, garder de l'épargne disponible paraît plus raisonnable que d'acheter une troisième voiture.

Même si cette troisième voiture possède des jantes dorées et un moteur atmosphérique absolument indispensable à l'équilibre familial.

Le petit épargnant ne spécule plus, il attend

Cette prudence affecte directement le marché français de la collection.

Le petit épargnant a longtemps constitué le véritable moteur du marché des youngtimers. C'est lui qui achète une Peugeot 205 GTI, une Renault Clio Williams, une BMW Z3, une Porsche Boxster ou une Renault Sport.

Il ne participe pas aux ventes de Monterey, mais il représente une grande partie des transactions réalisées chaque année en France.

Lorsque cet acheteur doute, tout le marché ralentit.

Il consulte les annonces, enregistre plusieurs voitures dans ses favoris, demande parfois quelques renseignements… puis décide d'attendre.

Non parce que la passion a disparu, mais parce que la visibilité économique n'est pas suffisante.

Voilà pourquoi certaines voitures restent plusieurs mois en vente alors qu'elles auraient trouvé preneur beaucoup plus rapidement quelques années auparavant.

Les acheteurs sont toujours présents. Ils sont simplement moins pressés.

Et un acheteur qui n'a plus peur de manquer la prochaine hausse retrouve une faculté que le marché avait presque oubliée : celle de négocier.

Porsche 911 GT3 (996), youngtimer prisée dont les transactions se négocient désormais davantage
Photo d'illustration

Le grand retour de la négociation

Pendant la période d'euphorie qui a suivi la crise sanitaire, certaines voitures semblaient se vendre avant même que l'annonce soit correctement rédigée.

Les prix montaient rapidement et les acheteurs craignaient de manquer la prochaine hausse. L'expression « prix ferme » était parfois inscrite avant même la marque de la voiture.

Cette mécanique s'est calmée.

Aujourd'hui, les acheteurs comparent davantage. Ils prennent leur temps, posent des questions et formulent de nouveau des offres. Une voiture mal positionnée peut rester longtemps en ligne, même lorsqu'elle appartient à une catégorie réputée recherchée.

Cela ne signifie pas nécessairement que la demande a disparu.

Cela signifie surtout que l'écart entre les attentes des vendeurs et la réalité des transactions est devenu trop important.

Beaucoup de propriétaires raisonnent encore avec les prix les plus élevés observés en 2021 ou 2022. Ils ajoutent parfois le montant de leurs travaux, la valeur sentimentale de la voiture et quelques milliers d'euros pour prévoir la négociation.

Le résultat donne un prix qui possède une certaine cohérence émotionnelle. Commercialement, c'est plus discutable.

Le prix affiché n'est toujours pas le prix vendu

C'est probablement le plus grand malentendu du marché des youngtimers.

Une Clio Williams proposée à 35 000 euros ne prouve pas que toutes les Clio Williams valent 35 000 euros. Elle prouve seulement qu'un propriétaire aimerait recevoir cette somme.

Une annonce n'est pas une transaction.

Le phénomène concerne également les Peugeot 205 GTI, Volkswagen Golf GTI, Renault 5 GT Turbo, BMW M3 et Porsche 911.

Quelques exemplaires exceptionnels atteignent des montants très élevés. Ces résultats deviennent immédiatement la nouvelle référence de nombreux propriétaires, y compris lorsque leur voiture ne présente ni le même état, ni le même historique, ni la même configuration.

Le raisonnement est tentant : « Une voiture identique à la mienne s'est vendue 40 000 euros. »

Identique, vraiment ?

Possède-t-elle sa peinture d'origine ? Son moteur est-il conforme ? Son kilométrage est-il documenté ? A-t-elle subi des modifications ? Sa restauration est-elle de qualité ? Dispose-t-elle d'un historique complet ? S'agit-il d'une vente réellement conclue ou seulement d'un prix aperçu sur Internet ?

Dans la collection automobile, deux voitures du même modèle peuvent présenter un écart de valeur considérable. Parfois, elles n'ont en commun que leur silhouette et le nom inscrit sur la carte grise.

Les youngtimers françaises sont-elles devenues trop chères ?

La hausse des prix des youngtimers n'est pas entièrement artificielle.

Les plus beaux exemplaires se raréfient. Beaucoup de voitures ont été accidentées, transformées, mal entretenues ou simplement utilisées jusqu'à épuisement.

Trouver aujourd'hui une sportive française des années 1980 ou 1990 dans un état réellement remarquable devient difficile.

La génération qui rêvait de ces voitures lorsqu'elle était adolescente dispose aussi, en principe, d'un pouvoir d'achat supérieur. Elle souhaite retrouver une époque où les automobiles étaient légères, les directions bavardes et les écrans encore cantonnés au salon familial.

Cette demande est réelle. Mais elle ne justifie pas tous les prix.

Une Peugeot 205 GTI exceptionnelle, parfaitement conforme et documentée peut légitimement susciter une forte demande. Une 205 repeinte plusieurs fois, équipée de mauvaises jantes, d'un intérieur incomplet et d'un dossier d'entretien composé d'un contrôle technique de 2014 ne bénéficie pas automatiquement de la même cote.

Même constat pour la Clio Williams.

Le bleu Sport, les jantes dorées et le chiffre inscrit sur la plaque du tableau de bord créent immédiatement du désir. Mais ils ne réparent ni un longeron, ni une corrosion oubliée, ni quinze années sans facture.

Le marché commence enfin à distinguer l'icône de l'exemplaire.

Mercedes-Benz SLR McLaren au bord de la Méditerranée, supercar moderne déjà recherchée
Photo d'illustration

Un marché à deux vitesses, jusque dans chaque modèle

La fracture n'oppose pas uniquement les Ferrari de Monterey aux youngtimers françaises. Elle existe désormais à l'intérieur de chaque catégorie.

Pour un même modèle, trois marchés se dessinent.

Il y a d'abord les automobiles exceptionnelles : faible kilométrage, historique limpide, configuration recherchée, état d'origine ou restauration irréprochable. Celles-ci continuent de susciter le désir et peuvent encore progresser.

Viennent ensuite les bonnes voitures, correctement entretenues et honnêtement présentées. Elles se vendent, à condition que leur prix reste cohérent.

Enfin, il reste les exemplaires moyens : historique incomplet, modifications discutables, défauts reportés depuis plusieurs années et prix calculé en observant uniquement la plus belle voiture disponible en Europe.

Ce troisième marché est celui qui souffre le plus.

Autrefois, une voiture médiocre pouvait profiter de la hausse générale. Aujourd'hui, elle doit affronter des acheteurs mieux informés et des coûts de restauration en forte augmentation.

La simple présence d'un logo prestigieux sur le capot ne suffit plus à provoquer une vente.

Même Porsche n'a pas encore réussi à rendre une fuite d'huile véritablement désirable.

Une fiscalité qui décourage le neuf…

Mais le marché français connaît un second phénomène, apparemment contradictoire.

Alors que l'incertitude économique freine les achats passion, la fiscalité automobile rend certaines voitures d'occasion de plus en plus attractives.

Depuis le 1er janvier 2026, le malus écologique se déclenche dès 108 grammes de CO₂ par kilomètre. Son montant maximal atteint désormais 80 000 euros pour les véhicules émettant 192 g/km ou davantage.

Le malus au poids intervient également à partir de 1 500 kg. Lorsqu'une voiture est concernée par les deux taxes, leur montant cumulé reste plafonné à 80 000 euros en 2026.

Quatre-vingt mille euros de taxe avant même d'avoir choisi la couleur des tapis de sol : il faut reconnaître à l'administration française un certain talent pour écourter une configuration.

Pour de nombreuses sportives neuves, le malus représente désormais une part considérable du prix final. Il peut atteindre le prix d'une excellente youngtimer, voire celui d'une voiture de collection déjà sérieusement désirable.

L'amateur d'automobiles performantes se retrouve donc face à un choix étonnant : acheter une sportive neuve sévèrement taxée, ou se tourner vers une voiture d'occasion déjà immatriculée en France, dont le malus a été acquitté lors de sa première mise en circulation.

La seconde possibilité devient naturellement plus séduisante.

…et qui soutient certaines voitures d'occasion

Cette fiscalité ne fait évidemment pas monter le prix de toutes les occasions.

Une citadine diesel de 2012 ne prend pas soudainement de la valeur parce qu'une sportive neuve supporte 80 000 euros de malus.

En revanche, l'effet devient bien réel sur certaines catégories :

  • les sportives thermiques récentes ;
  • les gros moteurs atmosphériques ;
  • les coupés et cabriolets puissants ;
  • les modèles déjà immatriculés en France ;
  • les automobiles devenues impossibles ou trop coûteuses à remplacer par un équivalent neuf.

Lorsqu'une voiture neuve de 100 000 euros reçoit plusieurs dizaines de milliers d'euros de malus, un exemplaire d'occasion affiché 80 000 euros peut soudainement sembler raisonnable.

Il n'est pas devenu moins cher dans l'absolu. Son remplaçant neuf est simplement devenu beaucoup plus cher.

Cette situation crée une forme de plancher sous la valeur de certaines occasions sportives.

Elle réduit également l'offre future. Moins de voitures neuves fortement malussées sont vendues aujourd'hui, donc moins de modèles équivalents arriveront demain sur le marché de l'occasion.

À moyen terme, les belles sportives thermiques déjà immatriculées pourraient donc devenir plus recherchées, non seulement pour leurs qualités, mais également parce qu'elles constituent une porte d'entrée fiscalement plus supportable vers la performance automobile.

Le malus destiné à décourager l'achat de voitures thermiques neuves pourrait ainsi contribuer à protéger la cote de celles qui circulent déjà.

L'automobile française adore les paradoxes. Sa fiscalité aussi.

Jaguar Type E au bord de la mer, icône intemporelle du marché de la collection
Photo d'illustration

Toutes les voitures d'occasion n'en profiteront pas

Il faut néanmoins éviter un raccourci trop confortable.

Le malus ne transformera pas automatiquement toutes les anciennes voitures puissantes en placements financiers. Pour profiter de ce report de demande, une occasion doit encore répondre à plusieurs critères :

  • être suffisamment récente pour remplacer une voiture neuve ;
  • offrir des performances ou un moteur devenus difficiles à retrouver ;
  • être déjà immatriculée en France ;
  • posséder un historique rassurant ;
  • rester utilisable et entretenable ;
  • être proposée à un prix cohérent.

Une sportive récente, faiblement kilométrée et bien configurée peut bénéficier de cet effet. Une automobile fatiguée, coûteuse à remettre en état ou difficile à revendre ne sera pas sauvée par le malus écologique.

La fiscalité peut soutenir une valeur. Elle ne restaure pas une voiture.

Le paradoxe français

Le marché français est donc soumis à deux forces opposées.

D'un côté, l'instabilité politique, la faiblesse de la confiance et la volonté de conserver son épargne ralentissent les achats non indispensables.

De l'autre, le prix du neuf et le durcissement du malus renforcent l'intérêt de certaines voitures d'occasion, notamment les sportives thermiques déjà immatriculées.

C'est ce paradoxe qui explique pourquoi le marché ne s'effondre pas, mais ne s'emballe pas davantage.

Les acheteurs sont prudents, mais les voitures désirables et difficilement remplaçables conservent une forme de protection. Les exemplaires exceptionnels restent recherchés. Les bonnes voitures correctement positionnées finissent par se vendre. Les modèles moyens et trop chers, eux, patientent.

Le marché français n'est donc ni mort ni euphorique.

Il est coincé entre l'envie de se faire plaisir et la peur de le regretter.

Pourquoi les automobiles exceptionnelles résistent-elles ?

Le sommet du marché repose sur une logique différente.

Les plus belles voitures sont rares par définition. Elles bénéficient d'une demande internationale et leur nombre ne peut pas augmenter. Contrairement à une voiture neuve, le constructeur ne peut pas décider d'en produire 5 000 supplémentaires pour répondre au succès.

Leur valeur dépend également d'éléments qui dépassent largement leur agrément de conduite :

  • leur place dans l'histoire automobile ;
  • leur participation à une compétition ;
  • l'identité de leurs anciens propriétaires ;
  • leur rareté ;
  • leur état de conservation ;
  • leur éligibilité à certains événements prestigieux.

Ces automobiles circulent sur un marché mondial. Un acheteur américain, européen, asiatique ou moyen-oriental peut convoiter le même exemplaire.

Une youngtimer française plus courante dépend davantage de son marché local. Elle doit séduire un acheteur qui connaît le modèle, accepte ses défauts et dispose concrètement de la place pour la conserver.

La passion est internationale. Les garages, beaucoup moins.

Le marché français est-il réellement en baisse ?

La réponse mérite d'être nuancée.

Certains segments reculent. D'autres stagnent. Quelques modèles continuent de progresser, particulièrement lorsqu'ils réunissent rareté, performances, authenticité et forte charge émotionnelle.

Mais le mouvement général n'est plus celui d'une hausse automatique.

Les voitures ne prennent plus de valeur uniquement parce qu'elles vieillissent. Elles progressent lorsqu'elles deviennent plus rares et que la demande reste suffisamment forte.

Or, l'ancienneté seule ne garantit aucune de ces deux conditions.

Une automobile produite en grand nombre, peu agréable à conduire et coûteuse à restaurer ne deviendra pas nécessairement recherchée parce qu'elle fête son trentième anniversaire.

Toutes les voitures anciennes ne sont pas des voitures de collection. Et toutes les voitures de collection ne sont pas de bons placements.

Cette distinction, longtemps masquée par la hausse générale, redevient visible.

Une mauvaise nouvelle pour les spéculateurs, une bonne pour les passionnés

Le ralentissement du marché français n'est pas forcément inquiétant. Il pourrait même être salutaire.

Lorsque les prix progressent trop rapidement, la voiture cesse progressivement d'être considérée comme un objet de plaisir. Elle devient un capital à protéger. On limite les kilomètres, on évite la pluie et l'on surveille la cote plus souvent que le niveau d'huile.

Une automobile conçue pour rouler finit alors sous une housse, immobilisée dans l'attente d'une plus-value hypothétique.

Le retour à des prix plus réalistes pourrait permettre à certains passionnés de revenir sur le marché. Il pourrait aussi rappeler une évidence : une voiture de collection possède une valeur que les résultats d'enchères ne mesurent pas.

Celle d'un départ matinal, d'une route choisie sans raison et d'un moteur que l'on reconnaît avant même d'apercevoir la voiture.

Cette valeur-là ne figure dans aucun catalogue de vente.

Monterey ne ment pas, mais Monterey ne raconte pas tout

Les 750 millions de dollars échangés pendant la Monterey Car Week 2026 sont bien le signe d'un marché extrêmement puissant au sommet.

Les collectionneurs les plus fortunés restent prêts à dépenser des sommes considérables pour acquérir les meilleures automobiles du monde.

Mais ce résultat ne prouve pas que toutes les voitures de collection augmentent.

Il révèle plutôt une concentration de la demande sur ce qui est véritablement rare, beau, documenté et irremplaçable.

En France, le marché suit finalement la même direction, avec des montants plus modestes, une confiance nettement plus fragile et beaucoup moins de champagne.

Les excellentes voitures trouvent preneur. Les exemplaires honnêtes se vendent au juste prix. Certaines sportives d'occasion profitent indirectement de la fiscalité appliquée au neuf. Les autres attendent qu'un acheteur partage l'optimisme de leur propriétaire.

La fête continue donc chez les millionnaires.

Chez nous, on a simplement rallumé la lumière, ouvert le dossier de factures et commencé à regarder précisément ce qu'il y avait dans le garage.

Et ce n'est peut-être pas une si mauvaise nouvelle.

Selon vous, le marché français de la voiture de collection est-il réellement en baisse… ou les vendeurs demandent-ils simplement trop cher ?

À lire également
Vendez votre voiture

en toute sérénité.

Pour les propriétaires qui souhaitent une approche discrète : nous estimons votre véhicule, vous accompagnons dans la vente, ou vous proposons une reprise directe.

  • Aucun visiteur à votre domicile.
  • Aucun appel à des heures tardives.
  • Aucun message désagréable.
  • Aucune négociation interminable.
  • Confidentialité totale.
  • Accompagnement personnalisé.
  • Vente assistée ou reprise directe.