Porsche 944 S2 Cabriolet blanche capote baissée face à la mer

Porsche 944 Cabriolet, faut-il vraiment craquer pour une Porsche 4 cylindres ?

Silhouette intemporelle, badge Porsche, tarif d'entrée alléchant : sur le papier, la 944 Cabriolet S2 est l'affaire du moment. Dans la vraie vie, capote capricieuse, distribution sensible, planche de bord qui se fend… On a passé l'une des Porsche les plus abordables au crible, sans complaisance.

8 juin 2026 · 10 min de lecture · La rédaction

Soyons clairs dès l'introduction : acheter une Porsche 944 Cabriolet aujourd'hui, c'est un peu comme épouser quelqu'un de très charmant qu'on vous présente, en précisant à voix basse « elle a ses petites habitudes ». La silhouette est sublime, le badge Porsche fait toujours son petit effet au feu rouge, et le tarif d'entrée reste l'un des plus accessibles de la marque. Sur le papier, tout va bien. Dans la vraie vie, ce cabriolet quatre-cylindres allemand demande à son futur propriétaire une certaine dose d'amour, de patience et, disons-le franchement, de trésorerie.

Une transat-Porsche pensée à la dernière minute

Le 944 Cabriolet n'a pas été dessiné dès l'origine : Porsche, occupé à essayer de faire vivre simultanément la 928, la 911 et la 944, a confié la conversion à l'American Sunroof Company (ASC) en Allemagne. Résultat : un cabriolet sympathique, plutôt bien fichu, mais dont la rigidité de caisse a clairement été calculée un vendredi après-midi avant un long week-end. Sur les pavés, le tableau de bord vous fera comprendre que la 944 a été conçue d'abord en coupé, et que la décapotable est arrivée comme un dessert improvisé.

Porsche 944 cabriolet vue de profil sur galets, ligne basse années 80
De profil, la ligne est encore parfaite. C'est sous la peau que ça se complique.

La capote : entre haute couture et bricolage

Parlons de la capote, puisque c'est censé être la raison d'être d'un cabriolet. La toile vieillit mal, les mécanismes électriques font des caprices, le déverrouillage manuel des poignées de pare-brise demande la souplesse d'un yogi, et l'étanchéité, disons-le poliment, est… optionnelle au-delà de 120 km/h sous la pluie. Une capote complète à remplacer, c'est facilement 3 000 à 5 000 € chez un spécialiste. Bonne nouvelle : ça ne tombe en panne qu'au moment où vous vouliez justement épater quelqu'un.

Le 3,0 litres 16 soupapes : robuste… si on l'a respecté

Moteur Porsche quatre cylindres 16 soupapes 944 S2 vue de dessus
Le bloc 3,0 L 16S de la S2 : magnifique, costaud, mais qui n'aime pas du tout les économies sur la distribution.

Le quatre-cylindres en ligne 3,0 L 16 soupapes de la S2, seule version réellement diffusée en cabriolet, est fondamentalement une bonne base. Conçu comme une demi-V8 de 928, il est costaud, coupleux, et capable de durer. À une condition : que la distribution et les deux courroies (distribution + arbres d'équilibrage) aient été refaites tous les 60 000 km, religieusement. Si le carnet est silencieux sur le sujet, considérez que c'est à votre charge : comptez 1 500 à 2 500 € en préventif, ou un moteur HS si vous tentez le diable.

Autres charmantes attentions : pompe à eau, joint de cache-culbuteurs qui suinte « par tradition », thermocontacts de ventilateur capricieux, et un faisceau électrique qui peut développer une vie sociale autonome avec le temps. Rien d'insurmontable, juste de quoi remplir un samedi sur deux.

L'intérieur : oxymore allemand

Intérieur cuir noir Porsche 944 cabriolet, sièges baquets et arceau face à la mer
Les sièges sont sublimes. Les plastiques de planche de bord, eux, n'ont pas eu la même chance.

À bord, c'est l'Allemagne des années 80 dans toute sa splendeur : ergonomie discutable, plastiques durs qui craquent sous le soleil, planche de bord qui se fend en deux avec la régularité d'un métronome, et électronique de chauffage qui a fait l'objet de plus de blagues que de fiabilité. La bonne nouvelle ? Les pièces refabriquées existent. La mauvaise ? Une planche neuve, posée, vaut le prix d'un beau voyage.

Tableau de bord Porsche 944 avec compteurs et volant trois branches Porsche
Les compteurs Porsche, indémodables. La planche, en revanche, fissure quasiment de série.

Le châssis et la transaxle : la vraie pépite

Si on vous dit du mal de la 944 depuis tout à l'heure, c'est qu'on l'aime. Parce que dynamiquement, c'est une vraie Porsche : moteur à l'avant, boîte transaxle à l'arrière, répartition des masses quasi parfaite, châssis qui tourne « rond ». Sur une départementale sinueuse, la 944 Cabriolet vous rappelle pourquoi vous l'avez achetée. Le quatre-cylindres n'a pas la musique d'un flat-six, mais il pousse, il monte dans les tours, et la boîte mécanique (privilégier la 5 rapports) est franche. Pour rouler, c'est encore aujourd'hui une vraie GT décapotable.

Combien ça coûte vraiment ?

Côté cote : on trouve aujourd'hui des 944 S2 Cabriolet entre 18 000 et 30 000 € pour un bel exemplaire suivi, les plus belles tutoyant désormais les 35 000 €. C'est l'une des Porsche cabriolet les plus accessibles… à l'achat. Parce que le vrai prix d'une 944 Cabriolet, c'est l'addition : achat + révision sérieuse + capote + distribution + petits joints + planche de bord. Comptez 5 000 à 8 000 € de plus la première année si la voiture n'a pas été religieusement entretenue. Une 944 « pas chère » est presque toujours une 944 chère.

Moteur Porsche 944 vue de face sous le capot, faisceaux et durites apparents
Sous le capot d'une 944, on voit tout. Y compris ce qui aurait dû être remplacé il y a 15 000 km.

Faut-il craquer, alors ?

Oui, mais avec discernement. La 944 S2 Cabriolet reste l'une des dernières vraies Porsche encore raisonnables à l'achat, avec une silhouette intemporelle, un comportement de référence, et une cote qui, lentement, remonte. C'est aussi l'une des dernières où l'on peut mettre les mains dedans soi-même, sans diagnostic à 800 €. Mais ce n'est pas une voiture qu'on achète à l'aveugle sur une petite annonce floue. Trouvez un exemplaire avec carnet, factures, distribution récente et capote saine, payez-le ce qu'il vaut, et vous aurez une décapotable Porsche qui prendra de la valeur en vous amusant.

Porsche 944 cabriolet vue arrière trois-quarts face à la mer
Une vraie Porsche cabriolet pour le prix d'une compacte premium neuve : ça mérite au moins une inspection sérieuse.

Notre conseil chez Le Collectionneur : ne prenez jamais une 944 Cabriolet sans une expertise indépendante chez un vrai spécialiste Porsche. C'est 200 € qui peuvent vous en économiser 8 000. Et si vous tombez sur la bonne, vous aurez fait probablement l'un des meilleurs achats youngtimer de l'année.

Porsche 944 cabriolet blanche face à la mer, ambiance Côte d'Azur
Quand elle est saine, la 944 Cabriolet est tout simplement délicieuse. Encore faut-il tomber sur la bonne.

Vendue par Collection Privée Automobile. cedric-vaslin.fr/fr/post/vehicule-vendu/porsche-944-s2-cabriolet-2

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